10.02.2007

Déménagement

Cher-e-s lecteurs et lectrices!

 

La capacité de stockage de la Bidoüilles Corporation est atteinte. Une émanation sans odeur s'est produite et mes diverses personnalités intra-cervelet vous accueilleront à cette adresse:

http://skizoprod.hautetfort.com

09.02.2007

Et si on faisait du bruit autour de l'Assemblée Nationale?

Ce mardi 13 février 2007 sera présenté le rapport du plan national de gestion des matières et déchets radioactifs à l'Assemblée Nationale. Seront entendus les représentants de plein d'organismes très objectifs dont EDF, AREVA (une gentille grosse entreprise qui se fait plein d'argent avec la radioactivité) et l'autorité de Sûreté Nucléaire (celle qui ne nous averti pas quand il y a un accident dans une centrale).

Evidemment, la CRIIRAD n'est pas conviée.

22.01.2007

Insurrection de la Bonté

Il y en a qui crient "victoire" à la première ombre de promesse d'un gouvernement et il y en a qui poussent un cri et passent leur vie à ne pas l'oublier. D'aucuns critiqueront l'homme, d'autres le prêtre. C'est facile.

Si "dieu juge les arbres à ses fruits et pas à ses racines", l'abbé devrait être en bonne place. Et nous, on reste seuls avec nos micro-combats quotidiens.

 Il a bien fait de partir avant les élections, avant l'avènement de l'ultra-libéralisme - produit-consomme ou crève -. Il aurait eu honte.

Qui aujourd'hui peut encore véhiculer l'incitation à la fraternité? En tout cas ce matin, je me suis réveillée orpheline, et très inquiète pour ce monde où donner à l'autre est un argument commercial pour acteur en manque de visibilité.

 

21.01.2007

Invitation de la Lune

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18.01.2007

Le corporatisme est une croyance abjecte

La société française – c’est sans doute vrai ailleurs, mais restons en terrain connu – reste marquée par son histoire, en particulier en matière de corporatisme. Cette doctrine moyenâgeuse dictait les modèles à chaque corps de métier, et les individus reproduisaient ce modèle. Il y a dans ce système quelque chose qui permet de garantir la qualité : si tout le monde travail sur le même modèle alors chaque modèle est forcément identique. Mais qu’en est-il de l’innovation ?

On me répondra sans doute que les choses ont évoluées. Mais regardons autour de nous : il n’est pas un métier qui n’ait son école et surtout pas un métier que l’on puisse exercer sans en passer par les bancs des dites écoles.
« Un système visant à la formation d’élites dans la société ou dans une activité », c’est ce qu’on appelle l’élitisme. Le souci étant que l’on trouve deux définitions de l’élite : la première dit que c’est un « petit groupe considéré comme ce qu’il y a de meilleur dans un ensemble de personnes » ; la seconde, c’est « une personne qui se distingue par ses grandes qualités ».
« Etre considéré comme » ou « se distinguer par », convenons que ça n’est pas la même chose ! Soit c’est quelque chose de figé, soit c’est une action. Un énarque – ou tout aussi bien un ingénieur, un médecin, un éducateur, un professeur, etc – sera considérer comme ce qu’il y a de meilleur dans un ensemble de personnes – nous tous - ; mais ne se distinguera pas forcément par ses grandes qualités. Paradoxalement, quelqu’un qui se distingue par ses grandes qualités ne sera pas forcément considéré – toujours par nous tous – comme une élite. Je vous vois perplexe et vous voulez des exemples. Alors que chacun regarde dans son quotidien : n’y-a-t-il pas dans votre entourage quelqu’un possédant un nombre incroyable de qualités qui n’arrive pas à aboutir à ce qu’il souhaite parce qu’il n’a pas un morceau de papier estampillé par une école ? Ne connaissez-vous personne ayant deux langues maternelles couplées à un incroyable talent pédagogique mais ayant échoué plusieurs fois au capes ? Ou votre vieux copain capable de déterminer l’origine de la panne de votre vieille voiture rien qu’en écoutant le cliquetis du moteur quand vous mettez le contact, mais qui n’a pas le droit de s’installer comme mécanicien parce qu’il a échoué à l’épreuve de français du bep mécanique ?

Essayons d’aller un peu plus loin. Le corporatisme est défini (par n’importe quel bon vieux dictionnaire) comme « doctrine économico-sociale». Une doctrine, c’est un « ensemble des croyances ou des opinions professées par une religion, une philosophie, un système politique » ; enfin, croire c’est « considérer comme vrai ».
Décidemment, l’on « considère » beaucoup, dans cette histoire ; mais on ne démontre pas grand-chose. Et l’on agit encore moins.
Résumons : le corporatisme, donc, considère comme vrai que les membres d’un corps de métier doivent former une communauté closes et être formés par les mêmes institutions ; chaque corporation étant sa propre élite ?
Il y a un côté serpent qui se mord la queue, dans cette histoire ! Ca ressemblerait presque a des histoires de consanguinités dans les vallées reculées. Le problème, quand un groupe d’humain n’est jamais confronté à la différence – en terme d’idée, de savoir faire ou de génétique – c’est qu’il dégénère jusqu’à devenir débile.

Heureusement, il reste les électrons libres, ceux qui ne savent pas qu’on ne peut pas accéder à certains corps de métier sans l’estampillage requis et qui, donc, les exercent. Ce sont ceux qu’on appelle les autodidactes. Une bande de farfelus, convenons-en. Ils ne sont en général pas pris au sérieux car ils posent des questions bêtes auxquelles n’importe quelle école formant à ce métier répond. Ils ne « considèrent » pas grand-chose, puisqu’ils ne savent rien. Ils vont se distinguer en introduisant des choses nouvelles pour remplacer les anciennes. Tiens ! Bizarre ! C’est la définition de l’innovation ! Cette même innovation que rendent impossible les doctrines corporatistes et élitistes.

De là à dire qu’il faudrait brûler les écoles et interdire les diplômes, n’exagérons rien.

09.01.2007

L'Arbre à savants

medium_2006_0211flandres0026.JPGCertains disaient que c’était un arbre à savants ; la réalité était qu’il abritait sur ses branches la pire espèce de crétins, ceux qui sont suffisamment instruits pour se faire passer pour des savants. Il faut dire qu’au pied de l’arbre résidait une tribu de va-nu-pieds impressionnables par n’importe quelle énumération de mots de plus de trois syllabes, quand bien même mis bout à bout ces mots ne signifiaient rien.
Quand, depuis la plus haute branche, le plus crétin de tous énonçait :
« La métaphorisation sous-jacente à l’épicurie des traditions modernes est la cause de l’articulation douloureusement fragile entre la boulangerie et la cosmogonie. », tous les va-nu-pieds s’extasiaient, bouche bée et yeux ronds.

Cela n’aurait pas eu d’influence notable si les crétins des basses branches n’avaient pas trouvé comment tirer parti de la situation. En effet, ils s’étaient autoproclamés interprètes des prophéties du plus haut perché, et l’on devine aisément la suite.
« La métaphorisation sous-jacente à l’épicurie des traditions modernes est la cause de l’articulation douloureusement fragile entre la boulangerie et la cosmogonie » devenait après une interprétation de ceux des branches intermédiaires : « Afin de garder un équilibre dans l’univers, le ciel réclame une offrande en pain des habitants de la Terre à ceux de l’arbre ». Puis, ceux des branches inférieures interprétaient à leur tour de telle manière à ne laisser aucun mot de plus de trois syllabes : « Donnez-nous du pain ou vous mourrez tous ».
Et puisque c’était ceux de l’arbre à savants qui le disaient, les villageois s’exécutaient.

C’est ainsi que ceux de l’arbre énumérèrent quelques dogmes fondamentaux. Celui du haut professa : « L’enseignement théorique de la vocabularisation émergente engorge décemment les encéphales féconds des hominidés métallographiques », « La tentation démoniaque de faire tendre vers le néant tout arboricole kinésithérapique est indubitablement une digression indigestement indélicate » et « L’insoumission aux théories hautement développées de l’arboriculture nietzschéennes engendre à n’en point douter une érotématique dissolue. » ; et ceux du bas traduirent respectivement : « L’école est dangereuse donc interdite », « Couper les arbres fait apparaitre des démons. » , et il naquit deux écoles parmi les habitants des sous branches, chacune donnant une interprétation différente à la dernière sentence – les deux furent retransmise aux va-nu-pieds – « Celui qui se pose des question sur ce que disent ceux des arbres sera dissout » et « Celui qui dira le contraire de ce qu’on dit bandera mou ».

Et la tribu de va-nu-pieds accepta ces préceptes, les appliqua des siècles durant, ne s’en trouvait pas particulièrement heureuse, mais l’était tout au moins à na pas avoir à se poser de question.

Evidemment, il fallait bien qu’un jour, pour la nécessité narrative de ce récit, arrive un grain de sable contradicteur dans toute cette belle organisation. Il prit la forme d’un petit garçon turbulent. Dès qu’il fut en âge de marcher, il explora aussi loin que ses jambes le lui permirent les alentours du village et de l’arbre à savants. Il démontait tout – la hutte de ses parents, les fleurs du printemps et même les grenouilles – pour voir comment c’était fait dedans. Dès qu’il su parler, il ne dit rien qui ne fut une question. Ses parents étaient très inquiets, s’imaginant le voir se dissoudre ou devenir impuissant et ne savait plus que faire avec ce garnement. Ceux de l’arbre, aussi, voyait ce petit d’homme d’un mauvais œil. Voilà des siècles qu’ils faisaient tout pour que nul ne pose de question, ça n’était pas pour qu’un avorton vienne contredire leurs enseignements !

Mais ils n’eurent pas à s’inquiéter longtemps, car l’enfant, poussé par sa curiosité, décida pour le plus grand soulagement de tous, d’aller parcourir le monde. Ceux de l’arbre, qui avait déclaré longtemps auparavant que « L’arborescence sacralisée essaime ses racines languissantes jusqu’à l’ethnocentricité achevée » qui fut traduit comme suit « L’arbre est le centre du monde et quand on va trop loin on tombe dans le vide », furent rassuré. Ils avaient fini par croire eux même à ce qu’ils énonçaient, aussi était-il certain que le jeune homme disparaitrait de la surface plane du monde.

Evidemment, puisqu’on n’a jamais vu d’univers plat *, celui-ci manquait autant d’originalité que tous les autres et était sphérique. Le jeune homme pu donc en faire le tour, et quel tour ! Il rencontra partout des pays où des savants professaient depuis une hauteur à des va-nu-pieds qui prenaient leurs dires pour argent comptant. Certains étaient sur une colline, d’autres sur une pyramide – il nota d’ailleurs une récurrence de la forme pyramidale pour héberger les « savants » -, d’autres encore étaient installés sur d’inconfortables échelles, les plus imaginatifs construisaient (faisaient construire) des minarets ou des clochers ; mais partout, il y avait ceux d’en haut qui employaient des mots compliqués, ceux d’entre les deux qui traduisaient et ceux de tout en bas qui appliquaient sans vraiment chercher à comprendre.

Le petit garçon devenu homme commençait à se dire qu’il devait réellement être une erreur de la nature à se poser tant de question quand, dans une zone désertique, il aperçu de loin un gros bâtiment pas pyramidal du tout. Il avait plutôt une forme ronde. Il s’en approcha. Les immenses portes étaient ouvertes. Il appela, mais visiblement personne n’était venu là depuis longtemps. Dans la pièce principale, il y avait un immense tas de cendres ou apparaissait des morceaux de cartons et de papier à demi carbonisés par les flammes où on pouvait encore voir des alignements de signes étranges.
Il avança plus loin. Dansl’immense et unique couloir en spirale s’alignaient sur toute la hauteur et sur toute la longueur des étagères vides. Ses pas résonnaient alors qu’il avançait. Il arriva au bout du couloir où se trouvait une petite porte fermée. Il essaya de pousser la poignée, mais elle était sans doute verrouillée. Le bois était vieux et s’effritait quelque peu. Il mit un violent coup de pied : la porte rompit et il rampa jusqu’à la grande pièce qu’elle cachait.

Sur une table en son centre, il y avait deux drôles d’objets. Un petit et un très gros. Il les toucha, les ouvrit, essaya de comprendre. Le plus petit était tout en carton. Sur chaque morceau de carton, tous reliés entre eux par la tranche, il y avait un dessin, un gros signe étrange et un alignement de plusieurs signe dont le même que le premier, souligné.
Le deuxième objet ressemblait au premier, mais seul la couverture était en carton, l’intérieur était en papier et couvert de millier de signes alignés.
Il comprit soudain : le premier devait servir à apprendre les signes.

Il sortit du bâtiment avec ses deux trouvailles sous le bras. Il se réfugia dans une caverne et passa de longs moments à décrypter puis à apprendre les signes. Enfin, quand il eut compris et assimilé chacun d’eux, il se pencha sur le plus gros. C’était un livre qui donnait le sens de chaque mot, un dictionnaire.
Il lui fut impossible de l’apprendre par cœur, mais il regarda et appris le sens des mots qu’employaient les savants de chez lui. Et évidemment compris que leur charabia ne voulait rien dire.

Il ne tarda pas à retourner dans sa tribu, il apprit à lire à tous ses membres qui finirent par abattre l’arbre pour forcer les faux-savants à en descendre. Chaque membre de la tribu parti de par le monde afin d’apprendre à tous cet enseignement, et partout on rasa clochers et minarets, pyramides et échelles. Des arbres coupés **, on fit du papier ; du papier de nouveaux dictionnaires afin que plus personne ne se laisse berner par l’emploi douteux de mots de plus de trois syllabes.







* NdT A part le Disque Monde de Terry Pratchett.

** Que le lecteur se rassure, les villageois replantèrent des forêts entières pour compenser la mort de ces arbres qui étaient de toutes façons malades d'avoir abrité si longtemps une telle vermine.



28.12.2006

Automédication

Trou plus ou moins fictif de la sécu? Manque de personnel soignant? Une solution: l'encouragement à l'automédication! Bientôt, on encouragera aussi, tant qu'on y est, à ressortir les aiguilles à tricoter pour l'IVG à l'ancienne; et, allons-y gaiement, pourquoi ne pas développer aussi l'euthanasie "maison", puisque le vieillissement de la population va poser quelques soucis économiques. On peut aussi faire des économies en ne fournissant plus les électrochocs pour relancer un coeur arrêté: le 220 volts fera bien l'affaire. Ne plâtrons plus les fractures: l'amputation coûte moins cher que la rééducation. Les handicapés consomment trop de soins? Tuons les à la naissance! Les pauvres sont plétores; et puisqu'on n'en manque jamais, ôtons leur le droit de voir un médecin; de toutes façons il en restera toujours assez! Supprimons la substitution aux toxicomanes! Après tout, ils l'ont bien cherché: ils choperont plus vite le sida et on en sera débarrassé, de cette vermine! Le sida, parlons-en! Arrêtons-donc de soigner ces dépravés pas capables de gérer leur sexualité! Et la chimio coûte trop chers, z'avaient qu'à pas fumer!